Gig

Gig de James Lovegrove

Tout d’abord, je tiens à remercier les Editions Griffe d’Encre ainsi que le forum Le Sanctuaire de la lecture de m’avoir fait parvenir ce livre.

Résumé : Après 8 années d’absence, le groupe de rock God Dog est de retour à Rotor City, la ville qui l’a vu naître, pour le dernier concert de sa tournée mondiale.
Pour Mik, le chanteur, il y a bien plus en jeu : un voyage sur les traces du passé. Ou peut-être un nouveau départ ? Sinon, pourquoi avoir annoncé la fin de God Dog ?
Mais peut-être Kim, la fan, en sait-elle davantage sur les motivations du charismatique chanteur. Sosie féminin de Mik, elle passera sa journée en quête du pass « all access » censé lui ouvrir les coulisses du P-Drome afin d’accomplir la mission qui lui a été confiée.
Tous deux seront le soir venu au P-Drome, pour un concert qui se révélera exceptionnel à tout point de vue.
Choisissez votre personnage et commencez avec lui le voyage que vous terminerez avec l’autre.

Gig, c’est un projet ambitieux, celui d’écrire deux histoires différentes se reliant, deux personnages différents, mais si proches l’un de l’autre. N’ayant jamais lu aucun roman de James Lovegrove ni même de cette maison d’édition, il me restait tout à découvrir. Il s’est présenté tout d’abord un immense dilemme en recevant le roman : de quel côté commencer ? Choisir la célébrité en premier, ou bien la personne de l’ombre ? J’ai choisi de lire la préface de Magali Duez, pour avoir quelques éclaircissements sur l’œuvre en elle-même. Elle commençait de lire Mik en premier, afin d’entrer pleinement dans l’histoire. Je ne suis, à l’heure actuelle, pas vraiment convaincue d’avoir fait le bon choix.

J’ai donc commencé ma lecture par le personnage de Mik, à la fois froid et distant, mais non dénué de sentiments. Dès les premières pages, les descriptions se succèdent, l’action reste plate, il est donc difficile d’entrer pleinement dans le roman. Je n’ai également pas pu m’attacher aux personnages, même à celui de Dave, le meilleur ami de Mik, à travers qui l’histoire est racontée. L’histoire se passe à Rotor City, ville dévastée par l’industrie, où seule la musique permet de libérer ses misérables habitants. L’ambiance de la ville est omniprésente durant tout le roman, si bien que ses longues descriptions peuvent gêner, et on peut en venir à décrocher totalement en les lisant. L’auteur place tout de même une pointe de suspense, en annonçant dès les premières pages du roman l’intention de Mik de mettre un terme à son groupe de rock, God Dog. Je dois avouer que je n’ai pas compris tout de suite où il voulait en venir. Pourquoi cette annonce si brutale ? Le cadre n’est même pas posé que tout s’arrête déjà ? Suis ensuite une entrée plus approfondie dans le personnage de Mik, jeune homme torturé dès sa plus tendre enfance, battu par son père, toujours solitaire. L’ambiance de cette première partie était bien sombre, et les personnages me paraissaient tous très distants. Je n’ai pas été très convaincue par le dénouement du roman.

J’ai donc suivi ma lecture par Kim, qui au premier abord paraissait plus attachante que Mik. J’ai été déçue, car ne partageant pas sa passion pour ce groupe fictif qu’est God Dog, je ne me suis que très peu identifiée à elle, dont le fanatisme est impressionnant. Le roman s’ouvre sur la descriptions des symptômes de Kim après avoir fumé un joint, ce que j’ai trouvé assez maladroit. Cela dit, je reconnais qu’une véritable intrigue est mise en place. Qui est cette jeune fille ? Est-elle folle ? Quelle est sa mission ? Il est évident qu’après avoir lu Mik, le rapprochement se fait vite fait, mais tout de même, il y a un véritable suspense à propos des raisons de ses agissements. Je n’ai cependant pas été convaincue par la fin, qui ne répondait pas vraiment à mes attentes. Un élément manquait : cette deuxième partie ne donnait pas de réponses à certaines des questions posées à la fin de Gig.

Par manque de temps, je n’ai pas essayé de lire dans l’autre sens : Kim, puis Mik, mais cela change-t-il véritablement quelque chose ? Je salue tout de même un véritable travail de traduction, accomplit par Mélanie Fazi, puisque dans la version originale, les titres des chapitres d’une novella, sont des anacycliques de l’autre. De plus, il se cache dans Gig de nombreux palindromes, que je n’ai pas tous repérés, mais qui représentent chacun un travail immense ! Chapeau donc à cette jeune traductrice, pleine de talent. Je fais ce même compliment à Magali Villeneuve qui a réalisé la couverture de Gig de manière totalement anacyclique. De plus, elle met en valeur le côté sombre des personnages du roman, par ses tons gris.

En conclusion, je terminerais cette critique en disant que le pari de Gig n’a peut-être pas été relevé jusqu’au bout, malgré un travail de traductrice et d’illustratrice important, une idée originale, un concept novateur, tout cela ne suffit pas à faire un bon roman, si l’histoire ne suit pas.

Je remercie une fois de plus le forum Le Sanctuaire de la lecture et les editions Griffe d’encre de m’avoir permis de lire ce roman.

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Et maintenant, on va où ?

Et maintenant, on va où ?

Un film de Nadine Labaki

Avec Nadine Labaki, Claude Msawbaa, Leyla Fouad…

Synospis : Sur le chemin qui mène au cimetière du village, une procession de femmes en noir affronte la chaleur du soleil, serrant contre elles les photos de leurs époux, leurs pères ou leurs fils. Certaines portent le voile, d’autres une croix, mais toutes partagent le même deuil, conséquence d’une guerre funeste et inutile. Arrivé à l’entrée du cimetière, le cortège se sépare en deux : l’un musulman, l’autre chrétien.
Avec pour toile de fond un pays déchiré par la guerre, Et maintenant on va où ?raconte la détermination sans faille d’un groupe de femmes de toutes religions, à protéger leur famille et leur village des menaces extérieures. Faisant preuve d’une grande ingéniosité, inventant de drôles de stratagèmes, unies par une amitié indéfectible, les femmes n’auront qu’un objectif : distraire l’attention des hommes et leur faire oublier leur colère et leur différence. Mais quand les événements prendront un tour tragique, jusqu’où seront-elles prêtes à aller pour éviter de perdre ceux qui restent ? (Allociné.com)

 

L’avis d’Elarinya : Un tout premier mot : wouah. La réalisatrice du film à succès Caramel revient, en abordant cette fois-ci le thème très difficile des guerres de religion. Ne l’oublions pas, le Liban est un pays où s’oppose depuis de nombreuses années des communautés de catholiques et de musulmans, dans des conflits sanglants. Malgré un fond très sombre, Nadine Labaki réussit à faire un film drôle, touchant mais également bouleversant à de nombreux moments.  A travers des portraits très bien réalisés (tout comme Caramel), la réalisatrice libanaise raconte la souffrance de ces femmes toutes vêtues de noires, supportant cette guerre qu’elles n’ont pas voulu. Une mention spéciale pour la musique, magnifique, qui apporte beaucoup, et donne un air de fausse légèreté.

A voir, absolument…

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Les Âmes grises – Philippe Claudel

Les Âmes Grises

Philippe Claudel

 

L’histoire : Nous sommes en 1917 dans une petite ville de province. Toute la société des notables est présente et tient son rôle. Le maire, le juge, le procureur, le flic, le médecin… tous font rouler depuis des années l’agréable train-train de la comédie sociale faite d’amicaux échanges. C’est curieux, même la Grande Guerre ne semble pas avoir bousculé les positions et les habitudes de chacun. Tout reste bien en place dans l’immuable tranquillité de la bourgeoisie sûre d’elle-même. Pourtant tout bascule lorsqu’une fillette de 10 ans est retrouvée morte dans l’eau. La petite Belle-de-Jour, comme on l’appelle. Tous la connaissent, elle servait au Rébillon, la seule brasserie restaurant du coin. « Bien, bien, bien… » reprend le juge, tout content d’avoir un meurtre, un vrai à se mettre sous la dent, un meurtre d’enfant en plus, et de petite fille pour couronner le tout. Dès lors, le soupçon gagne et rogne les âmes grises de nos notables. En premier lieu le procureur qui habite au château, juste à côté du lieu du meurtre… (résumé : Livraddict.com)

 

 

L’avis d’Elarinya : Enfin, ça y est, mon premier Philippe Claudel ! Après être tombée sous le charme de ses films, je me suis dit qu’il était grand temps de découvrir l’écriture de ce monsieur. Ma première réflexion sur ce livre est : bluffant. J’ai eu tout d’abord un peu de mal à rentrer dans l’histoire, tous ces retours en arrière, ces dates balancées en pleine figures dont on ne sait que faire, mais je dois avouer que ne pas comprendre ma passionnée. Présenté tout d’abord comme une enquête policière, l’Affaire intrigue. De quoi s’agit-il exactement ? Pourquoi tant de mystère ? Mais ce n’est qu’en dépassant de moitié le livre, que j’ai compris le véritable but du roman :  peindre des personnages. A travers une galerie de portraits tous plus convaincants les uns que les autres, Philippe Claudel raconte cette souffrance, cette guerre qui n’en finit pas, tous ces morts et toutes ces gueules cassées. Se déroulant entre 1914 et 1918,  l’évolution des personnages montre l’évolution de la guerre.

L’Affaire passe finalement en second plan, et le mystère est élucidé par le lecteur bien avant le véritable dénouement qui n’est d’ailleurs pas très convaincant. Mais, contre toute attente, cela n’a absolument aucune importance… Les personnages, la guerre, la souffrance, c’est cela le véritable sujet du livre. Quant au meurtre de Belle de Jour, la souffrance de son père, la violence de Juge, tout cela est bien plus intéressant que son meurtrier. Le mystère d’ailleurs en est-il vraiment un ? A travers toutes ces pages, Philippe Claudel nous rappelle que les hommes sont ce qu’ils sont, avec leurs forces et leurs faiblesses.

A lire, absolument, ne serait-ce que pour découvrir Claudel et ses images magnifiques…

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